Fiche pédagogique rédigée par Association Cinéma Parlant

KIRIKOU ET LA SORCIERE

de Michel OCELOT

 

FICHE TECHNIQUE

 

Pays : France

Durée : 1h10

Année : 1998

Scénario & Réalisation : Michel OCELOT

Musique : Youssou N’DOUR

Chef animatrice : Inga RIBA

Montage : Dominique LEFEVER

Distribution : GEBEKA Films

Producteurs : Didier BRUNNER, Jacques VERCRUYSSEN, Paul THILTGES.

Sortie :

 

 

SYNOPSIS

 

Une petite voix se fait entendre dans le ventre d’une femme enceinte : « Mère, enfante-moi ! »

« Un enfant qui parle dans le ventre de sa mère s’enfante tout seul » répond la mère. Un tout petit bonhomme vient ainsi au monde, coupe le cordon et déclare : « Je m’appelle Kirikou ».

Le minuscule Kirikou naît dans un village d’Afrique sur lequel une sorcière, Karaba, a jeté un terrible sort : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes sont kidnappés et disparaissent mystérieusement. « Elle les mange » soutiennent les villageois dans leur hantise…

Karaba est une femme superbe et cruelle, entourée de fétiches soumis et redoutables. Mais Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, veut délivrer le village de son emprise maléfique et découvrir le secret de sa méchanceté.

Au travers d’aventures fantastiques, Kirikou arrivera jusqu’à la Montagne Interdite. Là attend le Sage qui connaît le secret de Karaba la sorcière…

 

PISTES PEDAGOGIQUES

 

Les étapes de fabrication du dessin animé.

 

Scénario.

Le premier état d’un film est en général un écrit. Il est étranger au médium cinéma, fait d’images, de sons et de durées fixées. J’espère pouvoir bientôt, grâce à de nouveaux outils, mettre directement en place mes films avec des images, sons et durée, sans faire de contre-sens avec une expression qui ne sera pas utilisée.

 

Modèles.

Les personnages sont définis en dessin, face, profil, dos, trois-quarts, expressions principales, bouches qui parlent. Les animaux pourront ainsi les faire bouger en tous sens et des animateurs différents travaillant sur le même personnage produiront en effet le même personnage.

 

Scénarimage ou storyboard.

C’est le film en bande dessinée, plan par plan. Il permettra à tous les techniciens qui élaboreront le film de voir comment le film doit se dérouler. C’est un élément primordial du cinéma d’animation. Sans lui, personne ne saurait que faire.

 

Enregistrement des voix.

Il se passe de préférence avant l’animation. L’enregistrement est ensuite « détecté » pour donner aux animateurs une partition qui indique image par image la progression des sons.

On procède de même pour la musique, quand on doit animer chant et danse.

 

Mise en place ou Layout.

Reprenant les indications du storyboard, un dossier est fait pour chacun des plans du film (1 200 pour Kirikou), mettant précisément en place le travail des animateurs et des opérateurs : numéro du plan ou de la séquence, dimension à laquelle on dessine, cadrage pris par la caméra ou l’ordinateur, déplacements éventuels, principales attitudes du ou des personnages, durée du plan, feuille de tournage donnant diverses recommandations et informations, en particulier la détection du son. Sur cette feuille de tournage, l’animateur à son tour inscrira la répartition des dessins qu’il a faits (dûment numérotés) et que suivra l’opérateur.

 

L’animation.

En suivant les indications du layout, on fait un grand nombre de dessins et les personnages prennent vie peu à peu…

Dans les productions traditionnelles, les principales poses sont établies par un animateur, un assistant les complète en grande partie, puis un intervalliste termine en dessinant les intervalles qui manquent encore entre deux positions proches.

Tout au long de ce travail, on filme ces dessins sur un équipement simple, pour juger le mouvement des personnages et voir les améliorations à apporter.

 

Les décors.

Ils suivent de même les indications du laytout.

Ils sont fait tantôt sur papier en peinture, tantôt sur palette graphique informatique, et parfois avec les deux procédés.

 

Le traçage-gouachage.

Les animateurs ont simplement dessiné au crayon sur du papier. Il faut maintenant mettre les personnages en couleur, traits et surfaces. La méthode classique est de tracer les traits sur une feuille transparente (qui permet de voir le décor derrière) et de remplir les surfaces avec de la peinture. Ce processus est abandonné en faveur d’un travail fait à l’ordinateur, après scannage des dessins. Il est plus rapide et plus commode.

 

Tournage.

Il se fait soit avec une caméra image par image, fixée au-dessus d’une table où sont disposés les éléments à filmer, soit par ordinateur, après avoir scanné les dessins d’animation et les décors.

En suivant story-board, layout, feuille de tournage remplie par l’animation, l’opérateur assemble animation et décors et tourne le film.

 

Développement et tirage.

Les produits pour la télévision en vidéo ou numérique sont visibles sans délai. Les produits pour le cinéma demandent un passage par un laboratoire, pour être sur support film. L’original est un négatif. On fait un premier tirage positif pour visionner et pour monter.

 

Montage, Image et son.

Pour des raisons de commodité, les plans d’un film ne sont pas tournés dans l’ordre. Le montage les remet en place et affine ce placement et les durées des plans.

Les sons sont placés parallèlement (dialogues, bruitage, musique, ambiance). Une partie était prête avant le montage, une autre est faite d’après l’image montée.

 

Mixage.

Au montage, ces sons s’empilent, se brouillent et se chevauchent, et se trouvent sur de nombreuses pistes. Le mixage les dose et les réduit à un seul élément stéréo.

 

Copie 1.

Dans le cas du support film, le tâtonnement du montage, qu’il soit numérique ou film, a utilisé le tirage positif, le précieux négatif étant conservé intact au laboratoire. Le montage de la « copie-travail » étant terminé, il doit être reproduit avec le négatif du film, à partir duquel on peut tirer les copies qui passeront dans les cinémas.

L’étalonnage du tirage de ces copies règle la qualité et régularité des couleurs (trop sombre ou trop clair, trop rouge ou trop vert). Images et sons sont alors définitivement unis sur un seul support. Après des tirages que l’on rectifie, on tire la première copie définitive.

Le réalisateur et ses collaborateurs sont assez contents, mais souffrent de voir trop bien tous les défauts qu’ils n’ont pu éviter, et qui sont là pour toujours.

Michel Ocelot  

 

Pourquoi semble-t-il intéressant de voir Kirikou et la sorcière et d’en exploiter les multiples pistes pédagogiques ?

 

·          Parce qu’à travers ce film, on entre de façon vivante dans l’univers du conte et plus particulièrement du conte africain. Il est possible d’en montrer sa structuration et de la comparer à celle des contes merveilleux traditionnels initiatiques.

·          Parce que c’est une excellente occasion de percevoir l’Afrique et quelques-unes de ses spécificités : organisation de la famille, du groupe superstitions, puissance des couleurs, originalité des personnages. L’auteur-réalisateur y a passé son enfance et reste imprégné de toute cette culture. Alors, comme dit Youssou N’Dour, le compositeur de la musique, nous découvrons une Afrique peut-être différente de celle d’aujourd’hui mais une Afrique mythique et stylisée, une Afrique de conte pour enfants.

·          Parce que l’occasion est proposée d’offrir aux enfants une véritable émotion esthétique qui permet d’explorer le monde à l’aide de tous les sens avec sensibilité et intelligence ainsi qu’une véritable rencontre culturelle qui développe leur réflexion critique et leur capacité de comparaison, de rapprochement, de confrontation avec d’autres œuvres.

·          Enfin parce que c’est surtout l’occasion d’entreprendre avec vos élèves un véritable chantier pédagogique pluridisciplinaire qui met en relation la géographie avec ses correspondances ethnologiques, l’expression dramatique ludique et créatrice, l’écriture sous les formes les plus variées et originales, les arts graphiques et plastiques…

 

L’Afrique et ses traditions.

 

L’organisation du village.

On peut se référer au cadre de vie des Senoufo – civilisation qui correspond aujourd’hui à la Côte-d’Ivoire, au Mali, au Burkina Faso -. Les villages senoufo étaient composés d’habitations en briques et en argile séchée mêlée à de la paille séchée. Elles avaient la forme d’un cylindre et étaient recouvertes par des toits de chaume. Les deux entités essentielles étaient la famille et le village :

- la famille au sens large réunissait plusieurs foyers et des célibataires de même ascendance. Ils vivaient et travaillaient ensemble sous l’autorité d’un ancien. 

- le village s’organisait autour des rites d’initiation dont les chefs géraient les affaires communes et veillaient au respect des traditions.

 

Les rites d’initiation.

Ils se déroulaient, pour les hommes entre dix et trente ans, en trois phases de sept ans chacune. L’initiation comportait des enseignements, des retraites, des épreuves où l’on apprenait progressivement les divers rites, des récits sur l’histoire du groupe, la découverte des principaux gestes symboliques.

Dans les cérémonies, masques, instruments et danses avaient une grande importance.

 

Magie et sorcellerie

Les techniques destinées à saisir et à utiliser la force de l’univers étaient des plus variées : récitation de formules, fabrication de grigris (amulettes qui protègent et talismans qui portent bonheur). On utilisait des pierres, des coquillages, des cornes animales remplies d’ingrédients, des statues…

Le mot de fétiche (du portugais feitiço : sortilège et du latin facticius : non naturel) désigne le pouvoir qu’on donne à un objet ou à un animal. Les sculptures sont souvent des fétiches.

Le magicien, faiseur de pluie ou fabricant de charmes d’amour, était à la fois redouté et apprécié comme protecteur.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

ü       AFCAE Jeune Public, Kirikou et la sorcière.

ü       Landier Jean-Claude, Dossier pédagogique, Kirikou et la sorcière, en partenariat avec Hatier.

 

Fiche pédagogique rédigée par Association Cinéma Parlant