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Comment évaluer dans le cadre de l’Education au développement durable ?

 
Une question difficile pour les équipes, parfois éludée ; une obligation du socle commun ; un objectif à atteindre ; un regard réflexif à développer.
 
Pas toujours évidente dans le cadre disciplinaire, la question de l’évaluation des élèves parait encore plus problématique dans le contexte de l’Education au développement durable. Pour autant, on ne peut faire l’impasse sur cette pratique indispensable ou se contenter d’une évaluation superficielle. L’autre écueil serait de produire une grille d’évaluation trop critériée, difficile à renseigner, de fait peu généralisable.
En nous appuyant sur les objectifs de l’EDD, nous proposons une réflexion sur les difficultés d’évaluation dans ce domaine et apportons quelques balises pour guider les pratiques des équipes.
 
Les objectifs de l’EDD
 
Toute évaluation fondée se construit à partir des objectifs que l’on s’est donnés avant la mise en œuvre des séquences éducatives ou du projet engagé. Ces objectifs nous sont rappelés en introduction de la circulaire EDD du 24 octobre 2011. Il s’agit de « donner au futur citoyen les moyens de faire des choix en menant des raisonnements intégrant les questions complexes du développement durable qui lui permettront de prendre des décisions, d’agir de manière lucide et responsable… ».
Le but réaffirmé est donc de permettre aux élèves de développer certaines compétences articulées aux spécificités du développement durable et à la conception même de cette « Education à… », afin de contribuer à en faire des individus éclairés capables d’agir à différents niveaux, dans des domaines variés, en toute responsabilité. L’ambition est donc d’armer le futur citoyen avec des connaissances et des compétences utiles pour exercer son rôle et l’inciter à les mobiliser tout au long de sa vie.
 

Qu’évaluer en EDD 

La multiplicité, l’imbrication des connaissances, des compétences, la forte transversalité, les spécificités thématiques comme les différentes situations d’apprentissage rendent difficile l’identification des éléments à évaluer.
 
L’évaluation de l’EDD dans le contexte des programmes disciplinaires  se réalise habituellement dans un cadre dans lequel tous les élèves sont évalués, de la même manière, généralement par un enseignant unique. Lorsque la mise en œuvre de l’EDD est le fait d’une équipe interdisciplinaire, voire inter-catégorielle et/ou partenariale, l’évaluation est conçue de telle manière que chaque participant au projet, en particulier les élèves, contribue à sa élaboration. Ceci suppose un véritable travail de concertation et d’harmonisation.
Le développement durable offre des situations de mobilisation de connaissances et de compétences très variées. Il se fonde sur la prise en compte de différentes dimensions – sociale, économique, environnementale, culturelle- et l’application de plusieurs principes. Il mobilise des capacités totalement transversales comme la production d’une synthèse ou l’engagement dans un débat, ainsi que diverses attitudes telles que faire preuve d’esprit critique, manifester de l’intérêt pour les progrès scientifiques et techniques, percevoir la nature évolutive du savoir, s’engager dans un projet,  avoir le sens des responsabilités.
L’éducation au développement durable offre ainsi l’occasion de vérifier l’aptitude des élèves à transposer leurs acquis. 
L’EDD n’a pas de visée prescriptive mais se veut une éducation conduisant chacun à ajuster son comportement en fonction de ses valeurs et dans le respect des options démocratiquement validées par la collectivité. Ceci implique la nécessité d’évaluer des raisonnements théoriques, des démarches expérimentées, sans le faire à l’aune d’une solution prédéfinie comme seule pertinente. L’EDD évalue donc bien souvent en fonction d’un éventail de choix envisageables en considérant la connaissance par l’élève de leurs avantages et de leurs limites, témoignant ainsi de sa compréhension des enjeux du développement durable.
Par ailleurs, les comportements humains évoluent dans le temps avec la maturité individuelle et en congruence avec l’avancée des savoirs scientifiques, tandis que les choix réalisés dépendent du contexte, de la position de l’acteur à un moment donné. De ce fait, il s’agit d’évaluer un parcours d’élève, donc un enrichissement continu de ses compétences, une évolution de ses savoirs et conceptions, sans référence à un moment d’achèvement, de stabilisation. Cette progression est une construction permanente.
Il convient également de tenir compte du fait que tous les élèves ne bénéficient pas d’un parcours EDD identique : certains réalisent leur scolarité dans des établissements en démarche de développement durable, participent à des projets transversaux, d’autres non. Les uns ont travaillé de manière approfondie telle thématique, les autres ont approfondi d’autres domaines. Les acquis se révèlent ainsi différents d’un élève à l’autre. Il convient dès lors de pratiquer une évaluation portant sur des savoirs variés, s’appuyant sur des supports différents. L’objectif final reste que l’élève manifeste qu’il a compris les enjeux du développement durable, qu’il est capable de mobiliser ses compétences en adéquation avec les apprentissages mis en œuvre et de développer une conscience citoyenne.
L’EDD se prête bien à la mise en œuvre d’une évaluation formative et formatrice, appuyée par exemple sur l’élaboration avec les élèves d’une grille de compétences, la réalisation d’un bilan collectif ou la rédaction d’une appréciation qualitative et critique du travail réalisé.
 

Pistes et balises pour évaluer l’EDD 

 Des ressources bibliographiques pour approfondir la réflexion sur l’évaluation :

 

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