Ernest Gabard, Carnet de guerre

Plan
I - Les lieux
II - Armement et équipement du soldat
III - Abris et tranchées
IV - Les gaz
V - La vie à l'arrière
VI - L'observation des lignes ennemies
VII - Les étapes du blessé

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Contact :

Lionel Dupuy

Chargé de projet "Cultures et langues régionales"

CDDP 64

 

 

 

La vie à l'arrière.

La vie au camp (1-2-10-29-31-36-37).
Dans les campagnes où le feu de canon a détruit tout abri, on a constitué des camps, assez loin des canons ennemis pour que les obus ne puissent les atteindre. Le campement prend alors un caractère demi-citadin. Dans quelques camps, la forêt proche a fourni les matériaux d'une salle de réunion pour les officiers et les sous-officiers. Des aumôniers industrieux sont parvenus à édifier de véritables chapelles. L'union sacrée se retrouve ici : quand l'aumônier catholique a achevé sa messe, l'aumônier protestant réunit son groupe de fidèles dans la même enceinte. Les troupiers ont voulu du confort pour les moindres actes de l'existence : la forêt, les bois leur ont procuré les rondins qui, savamment assemblés, sont devenus des bancs, des chaises forts rustiques, un peu durs certes, mais paraissant confortables et commodes à qui vient des tranchées. Parmi les soldats d'origines si diverses, les gens de métier peuvent utiliser leurs connaissances : on voit surgir dans les camps ou aux abords des villages servant de cantonnement malgré les ruines, des installations étranges, mais pratiques, pour l'amenée de l'eau, la toilette et même les douches (10). Ce " luxe " ne se trouve pas partout : souvent le ruisseau voisin, les puits permettent les ablutions réconfortantes. Le soldat n'est pas privé des moyens de faire sa toilette, ni de procéder au lavage du linge.

Ste-Ménehould. Le Manège. 1° Messe de Lahorgue. 28 novembre 1915. - Le Manège. L'autel dépouillé de ses ornements devient salon de coiffure et bureau où chacun va faire sa correspondance. - Nubécourt. Le bain de douche.

Dans le fond un bombardement vu de Sivry-la-Perche. 2 mars 1916 - 8 mars. Un blessé "qui ne s'en fait pas". Poste de secours de Germonville. - Villers-les-Moines. 19 mars 1916. Sous les marmites. Le rayon lumineux passe à travers un trou d'obus.

20 mars 1916. Villers-les-Moines. Un toit en dentelle !

Les exercices (4-5).
Il ne faut pas supposer que l'existence à l'arrière soit un repos absolu : si l'on est relativement à l'abri des bombes, la vie militaire ne perd pas ses droits. Aux soins d'entretien et de propreté se joignent certains exercices préparant les soldats à la lutte de tranchées.
A l'arrière, où l'on a la sécurité, on peut se familiariser avec les maques à gaz, le maniement de projectiles tels que les grenades et les bombes à main.

Expérience sur les gaz asphyxiants. La distribution des lunettes et tampons. - Sortie du châlet au gaz.

Distractions et jeux (11-19).
La vie au camp n'empêche pas les distractions : les sports et les jeux ont un grand succès, lorsqu'on a abandonné la tranchée pour séjourner à l'arrière, loin des " marmites ", des grenades et des torpilles aériennes. Les chefs encouragent ces distractions, y participent parfois. Les places des bourgs et villages servent de terrain de football. Aux abords des camps, des appareils de gymnastique, des jeux sont installés. Le succès est grand, acteurs et spectateurs ne faisant jamais défaut.

Nubécourt. Noël 1915 à la veille de "prendre les tranchées". Le lt réunit les offs et s/offs du bataillon. Réunion des plus gaies et des plus cordiales. Le s/lt Allain chante "Chargez !". - 17 janvier. Popote des s/offs à Nubécourt. Piaux fait de la pâte à crêpes. Gallais à gauche.