Ernest Gabard, Carnet de guerre

Plan
I - Les lieux
II - Armement et équipement du soldat
III - Abris et tranchées
IV - Les gaz
V - La vie à l'arrière
VI - L'observation des lignes ennemies
VII - Les étapes du blessé

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Contact :

Lionel Dupuy

Chargé de projet "Cultures et langues régionales"

CDDP 64

 

 

 

L'observation des lignes ennemies.

Le zeppelin (25).
Ballon dirigeable allemand à carcasse métallique qui doit son nom à son inventeur.
La carcasse rigide des Zeppelins était en aluminium et en duralumin. Elle comprenait un certain nombre de cellules dans chacune desquelles se trouvait logé un ballon à gaz. Le tout était recouvert d'une enveloppe de toile imperméabilisée. Les dirigeables avaient un volume de plus de 200 000 m3, avec 150, parfois, 180 m de longueur. Trois ou quatre moteurs de 260 CV les propulsaient et ils emportaient jusqu'à 30 hommes d'équipage.
Les Allemands ont utilisé ces appareils pendant la première guerre mondiale pour des raids de bombardement, et, ultérieurement, pour des traversées commerciales de l'Atlantique.
Pour la recherche de nuit et la destruction de ces appareils, le projecteur est un instrument très efficace : balayant le ciel d'un faisceau lumineux, il suit l'appareil une fois découvert et l'offre comme cible aux canons chargés de le détruire. C'est grâce aux projecteurs que le Zeppelin venu au-dessus de la grande gare de Revigny, près de Bar-le-Duc, put être détruit par un auto-canon.

Ante. 21 février 1916. La fin d'un Zeppelin vue d'Ante (chemin du moulin).

L'aérostation : sphériques et " saucisses " (28).
En dehors de l'observation par avion, appareil idéal pour la reconnaissance, les armées sont restées fidèles aux aérostats.
L'armée française utilise encore le ballon sphérique captif, le seul employé avant la guerre, dont le grand défaut est le manque de fixité : il oscille et tourne sur lui-même par le vent, et rend l'observation difficile, impossible même quand le vent dépasse une vitesse de 12 m. Cet inconvénient avait amené un ingénieur militaire allemand, le commandant de Paneval, auteur aussi d'un type de dirigeable, à chercher un ballon ne présentant pas ce type d'inconvénients. Il a créé un ballon cerf-volant, le Drachen-Ballon, de forme allongée, d'où le nom de " saucisse " que les soldats donnèrent à cet engin. On avait essayé un modèle semblable, mais la " saucisse " parut inférieure pour la facilité des manœuvres, et l'on en resta au ballon sphérique. La guerre révéla que la rapidité d'ascension n'était pas tout. Il fallait ramener les ballons à terre par des vents un peu forts, tandis que les saucisses allemandes se maintenaient en l'air, donnant aux observateurs ennemis d'énormes avantages. Les services rendus par ces ballons captifs furent immenses, aussi les alliés comme les Allemands les ont-ils multipliés. La saucisse était reliée par un câble à un treuil automobile ; l'observateur passait de longues heures dans sa nacelle. Il communiquait avec le sol par téléphone et transmettait des renseignements permettant de régler le tir des batteries. L'aérostier était muni d'un parachute. Tous les soirs, on ramenait le ballon au sol. Leur destruction est devenue l'un des objectifs de l'aviation.

Sivry-la-Perche. Les saucisses "cach'ta v'la la saoucisse !".