Les
lieux.
L'Argonne
se situe à l'ouest de la ville de Verdun, entre Champagne et Lorraine.
Coupée d'une vaste forêt qui demeurera tristement célèbre,
l'Argonne était avant 1914 méconnue de la plupart de Français,
sauf peut-être de ceux qui se souvenaient des guerres et de la Révolution,
du général Dumouriez qui y livra la bataille de Valmy baptisant
cet endroit " Thermopyles de la France ". Autrefois renommée
pour ses verriers, elle était au moment du conflit peuplée essentiellement
de charbonniers et de bûcherons.
La forêt de l'Argonne entrera
dans l'histoire à travers la guerre de 14-18. Cet espace sylvain fut, en
effet, le théâtre de combats âpres et très sanglants
entre Français et Allemands. Ce massif calcaire entaillé de profondes
vallées formant des " défilés ", se prêta
de par son relief, ses hauteurs et ses ravins à une guerre de positions.
La
forêt gardera longtemps les traces dévastatrices de la guerre : d'une
part, les arbres furent fauchés par les obus, le sol criblé d'entonnoirs
et d'autre part, les arbres encore debout furent abattus pour construire les abris
des soldats ainsi que leur précaire mobilier (bancs, chaises, tables
).
Le sol lui-même fut dévasté ; des réseaux complexes
de circulation furent ouverts dans la terre : on pourrait comparer les tranchées
à des artères et les boyaux à des veines ; ce réseau
était complété par des sapes, des cagnas, des gabions et
des kilomètres de fils de fer barbelés.
Bien des lieux-dits
de l'Argonne aux noms si évocateurs furent témoins des horreurs
de la guerre et restent à jamais célèbres : le ravin de Saint-Hubert,
la Harazée, les Courtes-Chausses ou encore le Four-de-Paris.