Les
gaz (4-5-24).
Le
22 avril 1915, à Langemarck, au nord d'Ypres, les allemands utilisent pour
la première fois les gaz asphyxiants. Des territoriaux de la 87° division
française en furent les victimes. N'ayant aucun moyen de s'en protéger,
les survivants durent quitter la position qu'ils tenaient.
On ne put d'abord
recommander comme protection que de s'appliquer sur la bouche un linge mouillé.
Puis les services de santé distribuèrent des lunettes et des sortes
de bâillons imbibés d'un mélange d'huile de ricin de ricinate
de soude. Ensuite seulement ont eut l'idée de fabriquer de véritables
masques à gaz.
Les Allemands utilisèrent à l'origine un
gaz à base de chlore qui était diffusé par des tuyaux placés
à l'avant des tranchées. Il suffisait d'attendre, pour envoyer les
gaz, que le vent soit favorable. Vinrent ensuite les obus à gaz chargés
à l'ypérite, du nom de la région d'Ypres. Ce gaz était
du sulfure d'éthyle dichloré et son odeur le fit surnommer "
gaz moutarde ".
A l'arrière, où l'on bénéficie
d'une relative sécurité, l'un des exercices les plus curieux est
la protection contre les gaz asphyxiants : les hommes, ayant couvert leur visage
de l'appareil de protection, pénètrent dans des galeries ou des
fosses emplies d'un bain de gaz suffocants et y séjournent quelques instants.
A leur sortie, ils font l'objet d'un examen de la part des médecins, ayant
pour but de reconnaître si le système protecteur fonctionne bien
et préserve des effluves nocifs.
Interdit déjà par la
Conférence de La Haye le 29 juillet 1899, l'emploi des gaz fut de nouveau
solennellement interdit après la guerre.

Expérience
sur les gaz asphyxiants. La distribution des lunettes et tampons. - Sortie du
châlet au gaz.- 16 janvier 1916. Mon portrait le plus récent.