Abris
et tranchées.
La
tranchée (12-13-14-15-30-38).
La tranchée est
le couloir creusé dans le sol, à ciel ouvert, assez profond pour
que l'on puisse y circuler sans être aperçu par l'ennemi. Souvent,
on ne peut l'établir assez profonde à cause de la nature molle du
terrain imprégné d'eau. La terre rejetée du côté
de l'ennemi forme un talus et accroît la protection. Dans ces talus sont
ménagées des meurtrières par lesquelles passe le canon de
fusil.
Dans la tranchée même s'ouvrent des sapes que l'on creuse
en souterrain pour aller atteindre les tranchées ennemies et les faire
sauter : c'est la guerre de mine, une des plus pénibles de toutes (13-30).
Entre les grandes tranchées sont des fossés plus étroits,
les boyaux, dont le réseau s'enchevêtre parfois de façon inextricable
(38).
Lorsque la terre est meuble ou faite de roches inconsistantes, le boyau
est très inconfortable.

La
Harazée. 27 décembre 1915. Sape 1 occupée par ma 1/2 section
à son arrivée. - Entrée de la Sape 1. 28 décembre
1915. - 29 décembre 1915. Un paysage vu de la "porte" de la Sape
1.

30
décembre 1915. Mon poste de combat. Boyau de la Harazée. Exercice
pour les "gaz". Les hommes portent les masques. Dans le fond le ravin
des chênes. - 7 mars. Germonville (une sape dans le bois Bourru). (neige).
- 21 mars 1916. Le boyau couvert de Villers-les-moines. Au fond une marmite sur
le bois Bourru ; à droite le bout du boyau.
Les
abris.
Si la tranchée protège en principe du tir
horizontal, elle est une protection illusoire contre les projectiles tombant de
haut : " marmites-obus "
Pour s'en préserver, on s'est
ingénié à creuser dans les parois des abris dont la forme
et la dimension varient selon la nature du terrain ; parfois, ce sont de simples
trous où un seul homme peut tenir ; quelques-uns plus spacieux peuvent
abriter un groupe.
A ces abris, les troupiers donnent aussi des noms : ainsi,
" cagna ", pourrait venir du verbe cagnarder (se reposer au soleil)
très usité en Provence, mais plus vraisemblablement de l'annamite
" cain-ha " qui veut dire maison (cf. dictionnaire encyclopédique
Quillet). Ce terme a été ramené d'Indochine par les troupes
coloniales.
Remarque
: les numéros entre parenthèses renvoient à la numérotation
des aquarelles.
Dans
la tranchée.
Les aspects de la tranchée sont fort
variés ; ils doivent cette variété à la configuration
tu terrain, à la nature des matériaux utilisés pour revêtir
les parois : ici des rondins, là des claies en branches, ailleurs des treillages
métalliques. Parfois, ces tranchées reçoivent une couverture
faite de rondins ou de tôle ondulée couverte de terre. Alors, la
protection est efficace, sauf contre les très gros projectiles de l'artillerie
(14).
Les officiers bénéficient d'un confort relatif, rendu nécessaire
pour la préparation des ordres, la rédaction des rapports
Planches, rondins sont employés pour la construction de ces abris.
L'organisation
défensive (17).
L'organisation
défensive de la tranchée et de ses abords donne lieu à un
travail constant : aménagement des entonnoirs creusés par les explosions,
creusement de voies d'accès, étayage des parois par des gabions
ou des clayonnages, sacs de terre
La petite garnison de la tranchée
n'est pas toute entière aux aguets : elle se repose sur la vigilance des
sentinelles (observation des lignes ennemies - écoute
). A proximité,
se trouve le téléphoniste qui reçoit et transmet les ordres,
permet à l'artillerie de régler ses tirs. Chacun est constamment
prêt à ouvrir le feu.
Tout dans la tranchée vise donc
à protéger les combattants.

Entrée
du poste d'écoute 10. La Harazée. Tranchée de 1° ligne.
1° janvier 1916.