Nay

AVANT LA BASTIDE
Gaston IV le Croisé fonde l'Hôpital Sainte-Christine du Somport. Cet hôpital est tenu par des moines de l'ordre de Saint-Augustin. Présents également à Mifaget, ceux-ci achètent la parcelle de terre correspondant au bourg de Nay en 1120. Le village prééxistant est à cette époque en ruines, détruit au début du XIIème par un incendie.

Situé sur la route de St-Jacques-de-Compostelle, Nay prospère, tant par le passage des pèlerins que par la teinture de tissus de laine et de lin. L'église St-Vincent de Nay, dont un portail roman est toujours visible, se dote en 1243 d'une cloche, " Marie ", que l'on peut encore entendre de nos jours (elle a néanmoins été refondue en 1689). L'actuel mur ouest de l'église conserve des éléments antérieurs à la bastide. Mais Nay décline une nouvelle fois.

LA CREATION
Le site comporte un gué traversant le Gave ; il y passe un chemin menant de Lourdes à Pau par la rive gauche ; il contrôle l'accès à la vallée de Ferrière ainsi qu'un accès à la vallée d'Ossau via Arudy.
Le 21 Septembre 1302, la vicomtesse Margueritte conclut avec les Augustiniens un contrat de paréage afin de créer une bastide à Nay et de lui accorder le " For de Morlaas " :
" Qu'il soit chose connue que la noble Dame Marguerite comtesse de Foix et vicomtesse de Béarn d'une part, et Raymond Guilhem curé de Bihéres, commandeur de Gabas de l'ordre de Sainte Christine d'autre part, avec la concession du frère P. de Casaux de Pont, frère de Gabas, sont convenus entre eux de faire paréage et bastide au lieu de Nay, en ses dépendances dans lequel lieu de Nay dit le commandeur de la maison de Gabas a seigneurie et vacants et treize maisons avec leurs terres cultes et incultes, en lequel lieu de Nay et ses dépendances, ils se sont accordés de faire bastide au For de Morlàas… " Ce contrat est signé au château d'Orthez, le mardi qui suit la Saint-Mathieu.

LA BASTIDE
La bastide de Nay est constituée de lots à bâtir identiques d'environ 220 m2 disposés selon un plan rectangulaire. L'église ancienne est en partie conservée, elle comporte alors un cimetière tout autour. Des halles et la Maison Commune se trouvent aujourd'hui au centre de la place. La place comporte aujourd'hui des " couverts ". Trois côtés de la place sont conservés. Nay est dotée d'un marché le mardi tous les quinze jours. La charte de fondation de la ville prévoit un ensemble de dispositions dont le partage des revenus entre les deux seigneurs (le vicomte de Béarn et le commandeur de Gabas), précise les droits et les devoirs des habitants, l'institution d'un bayle, et définit les rapports avec les communautés avoisinantes. Un péage est aussi prélevé sur le pont édifié à cette époque.

EVOLUTION
En 1381, par suite du conflit entre Gaston Fébus et Jean II d'Armagnac, un incendie ravage la bastide. Mais la ville se remet rapidement. En 1385, Nay compte 108 feux. Des remparts sont construits sur les instructions de Gaston Fébus, ils sont achevés à la fin du XIVème siècle. De construction caractéristique de l'architecture locale en galets, ces remparts atteignent jusqu'à 6,20 mètres de hauteur, pour plus d'un mètre d'épaisseur. Les quatre portes, fermées chaque nuit, ont aujourd'hui disparu. Dégagé aujourd'hui sur une trentaine de mètres, un reste de rempart est visible derrière l'église Saint-Vincent. Une grande partie du rempart est conservée prise dans les murs des maisons actuelles. On peut néanmoins admirer encore de nombreux vestiges défensifs tels des échauguettes, des meurtrières en tir croisé ou le chemin de ronde. Les fossés ont été comblés, seul celui de l'est a été transformé en canal. L'église est reconstruite en 1503. En 1520 elle se dote du clocher que l'on peut encore voir. De type languedocienne, son architecture tout en longueur déploie une grande voûte de briques rythmée d'arcs brisés, avec un splendide portail flamboyant du côté sud. Elle abrite un buffet d'orgue de 1673 et un chemin de croix, œuvre du peintre béarnais Jean-Baptiste Butay (1759-1863). Le 28 mai 1543, la ville composée de maisons de bois fut une nouvelle fois détruite par un incendie dû à la foudre : 600 maisons sont détruites. L'église doit être en grande partie reconstruite. La ville se relève et dote son clocher d'une flèche de 27m de haut qui sera détruite dans les années 1793, 1794. Nay, peuplée de nombreux ouvriers, artisans du textile et de bourgeois commerçants devient au XVIème siècle une terre d'élection du calvinisme. C'est au début de ce siècle qu'un riche marchand drapier, Pedro Sacaze, construit la maison désignée aujourd'hui comme " Maison Carrée ". Cette demeure " à la florentine " est tout à fait original dans notre région : cour intérieure, loggias à l'antique, cheminée stuquée, sculptures renaissance... Le XIXème siècle fut marqué par l'essor de l'activité textile, avec entre autres la fabrication du béret en 1830. Mais le travail du bois et du métal était aussi très bien représentés.


La place centrale des bastides est destinée à accueillir un marché. Témoin vivant de ces créations médiévales, celui de Nay est actuellement l'un des plus importants du département.



Les restes du rempart de Nay sont un témoin des fortifications construites par Gaston Fébus.

Contrat de paréage de Nay : Version française

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