AVANT
LA BASTIDE
Des tumuli révèlent une présence humaine à l'âge
du Bronze. Un village de " Gasli " est mentionné dans
le cartulaire de Lescar en 984. Située
dans le Vic-Bilh, Garlin a de tout temps occupé une place stratégique.
Dès le Moyen Age s'y croisent une ancienne voie de transhumance reliant
St-Pé-de-Marsan à St-Pé-de-Geyres (actuel St Pé
de Bigorre) en Bigorre - le Cami de Sen Pé -, et l'ancienne voie romaine
reliant Lescar à Aire-sur-Adour.
LA CREATION
En 1302, la vicomtesse de Béarn, Marguerite, crée une bastide
pour renforcer la frontière : la situation à proximité
des terres anglaises provoque les protestations des enquêteurs désignés
par Edouard II d'Angleterre, qui prétendent que la bastide "a été
construite sur la terre du duché d'Aquitaine", alors sous leur obédience,
ce qui est par la suite reconnu inexact.
LA BASTIDE
La bastide est ceinturée par une palissade, un fossé (" barats
") et un remblai. Des portes sont construites : la première près
de l'actuelle église, au sud de la rue principale dite carrere aforade,
ouvrant sur le marché aux bestiaux extérieur, le marcadieu. La
seconde porte est située à l'extrémité de la rue
Victor Lefranc, la troisième au nord-est à l'issue de la carrere
aforade débouchant sur la route d'Aire. L'actuelle
rue principale orientée du sud-ouest au nord-est, borde à l'ouest
la place où se trouvait la halle. Celle-ci, surmontée de la maison
commune, est détruite au cours du XIXème siècle.
EVOLUTION
MEDIEVALE
En 1385, Garlin compte
déjà 30 foyers - dont un gardien des portes (" Pé
porter ", Pierre le portier) -, soit environ 150 à 180 habitants,
chiffre qui oscille ensuite : 23 foyers vers 1480, 45 foyers en 1549, et 166
" maisons sous le fief du Roi en 1662 ". Il
semble qu'un " hospital ", peut-être en lien avec le pèlerinage
jacquaire, soit construit probablement du début du XVème siècle
avec une chapelle dédiée à Ste-Madeleine. Au
XVème siècle, la ville s'étend à l'Est, ce qui nécessite
le creusement d'autres fossés et l'installation de nouvelles palissades.
Un temple protestant construit au-delà de cette zone est aujourd'hui
détruit. Le couvent des Capucins est attesté à Garlin dès
1696, il disparaît à la Révolution.
EVOLUTION
POST-MEDIEVALE
Au XVIème la
cité est un centre protestant actif. La chapelle Ste-Madeleine est détruite
à la fin des années 1560 pendant la campagne de Montgomery. L'église
St-Jean située dans l'enceinte de la bastide subit le même sort.
Elle est restaurée au XVIIème siècle, elle connaît
ses dernières heures à la fin du XIXème siècle.
Il ne reste aujourd'hui que quelques traces de son abside romane, visibles dans
le cimetière. Le
centre de la place principale est occupé par une halle dont l'étage
sert de maison commune. Cette construction est détruite au XIXème
siècle. Le vestige d'un de ses piliers est conservé dans les jardins
près de la mairie. Les
maisons qui bordent cette place sont dotées de couverts aujourd'hui disparus,
à l'exception de deux, la maison Bayeux et la maison Poublan. Ces couverts
ou auvents portent aussi le nom de " garlandes ". Le
marché a lieu les mercredis tous les quinze jours sur cette place. Le
vin est l'une des marchandises vendues. Au XVIème siècle, deux
foires sont attestées, l'une le 8 mai pour la Saint Michel et l'autre
le 8 Septembre pour la fête de Notre-Dame. Lorsque
Louis XIV publie l'édit d'enregistrement des armes des familles, des
communautés et des villes, il a surtout en vue une fructueuse opération
fiscale. En Béarn, beaucoup de personnes et même de corps omettent
de faire la déclaration prescrite, croyant éviter ainsi le paiement
de droits assez lourds. Aussi d'Hozier, chargé de l'enregistrement des
armoiries, reçoit-il l'ordre d'imposer d'office des armes aux délinquants
; c'est ce qui advient notamment pour la Communauté de Garlin. Toutes
les villes qui se trouvent dans ce cas sont finalement obligées d'acquitter
les frais d'enregistrement, qui montent à 50 livres pour les communautés
et se voient imposer des armes le 9 décembre 1701. C'est ainsi que Garlin
porte " d'or fretté de simple à la fasce de vair ".
L'ancien couvent des Capucins (fin XVIIè siècle début XVIIIè)
a entre autres servi de mairie à partir de la fin du XVIIIème.
Le Château de
Hiton (XVIIè et XVIIIè siècles) accueille actuellement
la mairie. Il est construit par la famille Hiton (Hiton de Conchez est un huguenot
anobli en 1591 par Henri IV) ; il abrite des boiseries Louis XIV. Des
courses landaises sont signalées dès 1811. Les premières
arènes sont construites en 1875. En
1861 débutent les travaux de construction de l'église actuelle,
achevée en 1864. Tout
autour de la place se trouvaient des maisons à auvents (" embàns
" ou " garlandes "), formant une allée couverte. Mais
au début du XXème siècle seuls les côtés sud
et est de cette place conservaient encore une partie de ces embàns. Dans
la fraction sud de la place s'alignaient cinq maisons à peu près
uniformes présentant un rez-de-chaussée surélevé
d'un étage et d'un vaste grenier sous toiture très haute - cette
région étant alors très grosse productrice de grains. Seule
la maison Poublan a encore conservé son aspect primitif avec son auvent
reposant sur trois piliers et un premier étage surmonté d'un double
grenier. Les parties nord et ouest de la place avaient vu disparaître
leurs embàns bien avant le XIXème siècle.

L'ancien couvent des capucins (XVII-XVIIIème). L'évolution
a muni les bastides de différents monuments remarquables.