Gan

AVANT LA BASTIDE

Une villa gallo-romaine est connue au Pont d'Oly (pont de l'huile) sur le Néez, mais à une dizaine de km de Gan. Plusieurs m2 de mosaïques gallo-romaines sont visibles à la Cave Coopérative de Jurançon.
Des chemins de transhumance passent sur les crêtes de part et d'autre de Gan.

LA CREATION
Gan est créé en 1335 par Gaston II de Foix-Béarn, qui choisit son nom en souvenir de la Gand flamande connue lors d'une expédition militaire. Cette fondation a pour but la mise en valeur des terres des vallées du Néez et de Las Hies.

LA BASTIDE
Le plan comporte des axes perpendiculaires autour d'une grande place carrée.
Un marché a lieu sur cette place (jour non précisé). Le dispositif est ceinturé d'un remblai, d'une palissade en bois et de deux canaux parallèles séparés d'une vingtaine de mètres. Ils sont comblés en 1962, sur leur quasi-totalité. Trois portes en pierres munies de herses permettent de pénétrer dans la bastide. Il n'en reste qu'une, celle du Nord ; elle date de la fin du XIVème. Celle du Sud a été très rapidement détruite. La troisième au Sud-Ouest était accolée à l'ancienne église St-Jean. En sortant de la bastide par la porte Nord, on découvre une salle des sports construite sur un ancien " padoën " (espace vert qui servait au pacage des bêtes).

EVOLUTION MEDIEVALE
En 1385, Gan compte 175 feux (environ 900 h). La cité s'étend vers le sud.
Dès son origine, Gan participe à la " Cour Majour " avec douze autres villes du Béarn : Pau, Morlaàs, Orthez, Oloron, Sauveterre, Lembeye, Nay, Navarrenx, Monein, Salies, Pontacq et Lescar. Les registres des notaires de Gan au XVème font état de l'extension du vignoble. On élève du vin rouge et du vin blanc. Les vins rouges ont une valeur marchande meilleure que les blancs. Cet état de fait perdure jusqu'au début du XIXème siècle.

EVOLUTION POST-MEDIEVALE
Au XVIème siècle, un incendie détruit tout le bourg : église, couverts et maison commune qui renfermait la charte de fondation.
Trois maisons nobles du XVIème actuellement visibles montrent un même dispositif architectural : l'escalier à vis est logé dans une tour se détachant du bâtiment en un avant-corps. La Maison " Corisande " est construite en 1593 par le marchand Guillaume d'Andoins.
Le Château Marca (XVIème, agrandi en 1635) montre un plan typique du Béarn avec deux corps de bâtiment en équerre reliés par une tour abritant l'escalier. C'est la maison natale de Pierre de Marca (1594-1662). La Maison d'Arrac (1542) révèle un plan typique des gentilhommières béarnaises ; la tour abritant l'escalier a été tronquée au XXème siècle.
Le titre de " Ville " est décerné à Gan par lettres patentes d'Henri IV. Ce titre est confirmé à perpétuité par Louis XIII qui déclare que " la ville de Gan jouira dorénavant et pour toujours des mêmes honneurs et prérogatives que les autres villes de Béarn ". En 1633, un nouveau canal est creusé, il permet d'alimenter un moulin à grain construit la même année. Ce moulin est transformé en 1839 en marbrerie. Une pierre retrouvée au fond du canal précise que le Ier juillet 1633 la digue fut achevée aux frais du Roi Louis XIII. Les Bains du Broca : la Communauté de Gan achète cette source le 8 juin1591. Vers 1740, elle entreprend de capter les eaux minérales connues dans la région et utilisées depuis plusieurs années " pour la guérison des fièvres intermittentes, des obstructions de toute nature et de certaines tumeurs, et pour soulager la néphrétique ". Le bâtiment destiné à protéger le bassin des eaux pluviales est érigé en 1748, comme l'atteste l'inscription gravée dans la clef de voûte à l'intérieur de la fontaine. Ces eaux thermales, en renom au XVIIIème siècle, font l'objet d'une publication par Monsieur Bergerou, médecin royal. Elles sont également citées par Théophile de Bordeu dans ses Lettres à Madame de Sorbério. Depuis quasiment un siècle, ces eaux ne sont plus exploitées. La fontaine a été restaurée en 1994 par la commune. La Mairie est établie sur un plan typique du XIXè, avec halles au rez-de-chaussée. Quelques arcades d'une halle plus ancienne sont encore visibles dans le bâtiment actuel de la mairie. Un incendie détruit l'église St Jean en 1828, et la porte de la bastide attenante est alors démolie : fragilisée, elle était devenue dangereuse. L'église St-Barthélemy est reconstruite sur le même site. Elle renferme un autel en bois doré du XVIIIème, un chemin de croix en mosaïque de M.E. Cazaux (1937), des vitraux réalisés entre 1881 et 1939 par la famille Maumejean (maîtres verriers).


Gan est reconstruite au XVIème après un incendie. Trois demeures sont témoin de cette époque : l'escalier est alors logé dans une tour extérieure.


Gan conserve sa porte nord. Sous le porche se devine l'alignement des façades, les Pyrénées ferment l'horizon au sud.

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