Terres incultes.
LA
CREATION
Dernière créée des bastides béarnaises, Bruges est
fondée en 1357 par Bertrand de Pujols, lieutenant de Gaston Febus. Le
nom de la cité lui est donné en souvenir du passage du vicomte
dans les Flandres lors d'une expédition militaire. Cette
bastide est d'abord créée dans un but économique : le peuplement
d'une zone inoccupée et sa mise en culture permet au vicomte d'accroître
ses revenus. Soucieux d'attirer le plus grand nombre d'habitants, celui-ci leur
consent des avantages particuliers : surface importante pour les maisons et
les terres labourables, exemption de péage, de droits d'entrée
et de passage pour tous les ponts dans la vicomté. Mais
l'aspect défensif contre la Bigorre semble aussi un motif de la fondation.
La bastide se trouve par ailleurs sur un Chemin de St-Jacques de Compostelle,
chemin dit du Piémont Pyrénéen. La
charte originale de fondation de la bastide de Bruges est détruite dans
un incendie à Oloron où elle était mise en sécurité.
Le texte manuscrit conservé dans les archives communales de Bruges est
une confirmation faite à Orthez le 13 mars 1361 à la demande des
jurats et de la Communauté de la nouvelle bastide.
LA
BASTIDE
La bastide est organisée autour de la place centrale carrée. Chacun
des côtés est bordé de huit lots pour maisons de dimensions
égales. Chacun des quatre angles de la place s'ouvre sur deux rues perpendiculaires.
Elle possède à ses extrémités des padoëns,
anciens pacages communautaires, plus particulièrement pour les cochons
qu'un garde était chargé de garder. Aujourd'hui,
ce sont de très beaux espaces verts. Bruges
détient en montagne 3000 ha de forêts et 1000 ha de pâturages
(estives) visibles depuis le bourg. Lors
de la fondation de la bastide un moulin à farine est prévu. Situé
en retrait, l'emplacement de l'église est contemporain de la bastide.
EVOLUTION
L'église St-Martin est incendiée en 1569 par Montgomery. Elle
est reconstruite à la fin du XVIème siècle et la première
messe donnée en juin 1600. Le
portail gothique en accolade et la tour-clocher sont du XIVème siècle
(M.H., restauration de l'église en 2004). En
1810, le moulin est vendu à la famille Gassie, elle en est toujours propriétaire
(ce nom est déjà présent à Bruges en 1498). La maison
d'habitation attenante au moulin est datée du XVIIème siècle.
Elle a été restaurée en respectant l'architecture de l'époque.
Ce moulin possède une particularité : il est doté d'un
four situé à l'étage et donnant sur l'extérieur.
On accède à cette propriété par un pont du XVIème
siècle. Sur
la place, les maisons sont reconstruites aux XVIII-XIXèmes siècles
et couvertes d'ardoises. Certaines comportent des toits à 4 pentes. Plusieurs
sont munies d'arcades ; leur examen attentif montre qu'elles ont été
rajoutées : en effet les maisons étaient autrefois construites
en plusieurs étapes. Par ailleurs, certaines maisons ont une décoration
en pierre formant un bandeau vertical qui intègre la porte, la fenêtre
de l'étage et la lucarne médiane ; ce motif architectural est
courant à cette époque en plaine de Nay. Une
lainerie s'installe au XVIIIème siècle, et devient très
prospère, et commerce avec des espagnols. Chaque ferme est alors dotée
d'un métier à tisser. Le
XIXème siècle signe la fin de cette industrie qui est remplacée
par celle de la sandale. Deux usines s'installent à Bruges, elles emploient
jusqu'à 150 personnes ; les finitions sont réalisées chez
l'habitant. Bien souvent les brugeois travaillent à Lourdes l'été,
et à la sandale l'hiver. Ces deux structures ferment dans les années
1960. La mairie au
centre de la place est construite fin XIXème avec des halles au rez-de-chaussée,
selon un schéma courant à cette époque. Bruges
possède une source ferrugineuse et sulfureuse qui a permis l'installation
de bains. Ils ont fonctionné jusqu'en 1914 mais sont aujourd'hui détruits
à l'exception de dix-neuf baignoires.

Les bastides béarnaises
sont souvent établies près d'un ruisseau. Ici le Landistou près
de Bruges.

Les maisons autour de
la place de Bruges sont reconstruites aux XVIIIè-XIXème. Des couverts
sont présents devant quelques maisons.
Charte de Bruges : Version
béarnaise - Version
française