AVANT
LA BASTIDE
L'occupation antérieure de cette région est prouvée grâce
d'une part à l'oppidum d'Asson qui a livré des vestiges du premier
âge de fer, et par le Camp de César situé à Artigueloutan.
Le cartulaire de Lescar mentionne en 980 une cité du nom de Assal
ou Assag, ce qui en fait l'un des plus anciens villages de la plaine
du Gave. Au XIIème siècle, un château-fort en pierre est
construit à proximité d'un gué sur le Gave de Pau emprunté
par les passeurs de troupeaux lors des transhumances (de Rébénacq
au Pont-Long). La
tour carrée du château du Durfort remonte sans doute à cette
époque, le monument est propriété privée (corps
de bâtiment de 1609). Deux
églises sont aussi présentes : l'église St-Martin, dont
on ignore l'emplacement, est détruite en 1117. Les ornements sont alors
transférés dans l'église St-Sever. Cette dernière
est à l'origine entourée par le cimetière.
LA
CREATION
La bastide de Durfort est fondée à la fin du XIIIème siècle
par Gaston VII de Moncade. Certains avancent la date de 1280. Il semble en effet
que cette bastide soit antérieure à Nay (fondé en 1302).
En 1391 elle est mentionnée comme "la plus ancienne bastide de Béarn
". La bastide
est édifiée en extension du village ancien d'Assat, sans doute
pour protéger le gué emprunté lors des transhumances entre
la Vallée d'Ossau et le Pont-Long (au nord de Pau). Cette
fondation n'a pas un but défensif mais plutôt économique.
En effet, la situation près du Gave en fait d'emblée une cité
vouée à l'agriculture. On y cultive des céréales
et du lin. Aucune trace de fortification n'apparaît ; toutefois des fossés
la délimitent.
LA
BASTIDE
La bastide est érigée près de l'église St-Sever
d'Assat, au sud-est de l'ancienne agglomération qui entoure le Castéra
d'Assat. Le 3 janvier
1343, Gaston Fébus échange les serments traditionnels avec la
Communauté. Le recensement de 1385 ne mentionne pas d'habitants. Mais
en 1391, Gaston Fébus confirme les droits de la bastide et la rattache
au village voisin et plus ancien d'Assat. L'actuelle " Place des platanes
" est l'ancienne place publique de la bastide, prévue pour 14 emplacements.
La totalité de la bastide tient dans un espace de 200m dont la rue Vieille
est l'artère principale, et les limites les actuels chemins de Ruchelle,
Lassus, Vignau et Prat. La " Rue du Village " mène à
l'ancien bourg et à l'emplacement de l'église ancienne (disparue
aujourd'hui), à côté du cimetière. La très
petite taille de cette bastide explique que les rues deviennent sinueuses dès
que l'on s'éloigne de plus de 200 m de la Place des Platanes : on rejoint
alors des rues tracées sans lien avec le projet de la bastide.
EVOLUTION
En 1488, Catherine de Navarre vend la cité à Bertrand de Béarn.
En 1515, ce dernier " met rente aux gens d'Assat les cent journaux de terres,
terrains de pâture, saliguats du dit-lieu ". En 1598, la comtesse
Catherine vend la maison seigneuriale au nord de la place à une famille
qui prend le nom de Labastide. Au
XVIème siècle, Assat est, outre un siège du notariat, un
fief protestant dans lequel régne une entente entre catholiques et protestants.
Une charte de 1602
cite la " senhorie de Durfort, bastide d'Assat ". En 1606, la communauté
d'Assat rachète les terres. En 1789, le cahier des griefs local déclare
que le village se trouve être " capdeuil " de plusieurs paroisses.
Une industrie textile pour le lin se développe à Assat au XIXème
siècle. L'église St-Sever est reconstruite en 1863 au centre du
village en réutilisant les matériaux de l'ancienne église.
Elle abrite sept tableaux classés de l'Ecole espagnole et sévillane
des XVIIème et XVIIIème siècles dont " Le repas d'Emmaüs
" de ZURBARAN, une Marthe et Marie, un St-François d'Assise, deux
St-Jérôme, un Christ en Croix et une Adoration des Mages dues à
d'autres peintres du temps (Sueres, Mibala, Mora - restauration en 1989). Les
deux châteaux Salle et Ribeyre datent du XVIIIème et XIXème
siècles. Le pont suspendu a été construit au XIXème
siècle au-dessus de l'ancien passage à gué sur le Gave.

La place des platanes
d'Assat est plus petite que les places habituelles des bastides, peut-être
parce qu'il s'agit d'une bastide ancienne.

Dès que l'on s'écarte
de la bastide d'Assat, les rues sinueuses reprennent leurs droits. Ici une disposition
des pierres utilisée pour renforcer la résistance des murs en
galets.