AVANT
LA BASTIDE
La présence d'une voie proto-historique, de buttes, oppida et tumuli
sont des témoignages d'une occupation ancienne. Le nom d'Arzacq
vient du nom latin Arsius, propriétaire d'un domaine gallo-romain
; il se transforme successivement en Arsac puis Arzacq. Avant
la création de la bastide, Arsac est un castelnau avec un château
en bois érigé sur une motte et protégé par deux
enceintes de fossés et palissades. Du XIème siècle, on
ne distingue plus que la motte castrale et ses douves ainsi que le cimetière
où se trouvait l'église primitive, et par endroits les fossés
qui entouraient le site.
LA
CREATION
La situation géographique de ce village et le développement de
son marché ont entraîné la création d'une bastide.
Il se situait en domaine anglais, à la frontière avec la vicomté
du Béarn. Il était au carrefour des voies marchandes Aire - Arzacq
- Orthez et St-Sever - Arzacq - Pau, d'une voie de transhumance (Ossau-Landes),
et d'une voie de pèlerinage (Auvergne - St-Jacques-de-Compostelle). Cette
dernière est évoquée sur le blason de la ville.
LA
BASTIDE
Construite en extension du bourg préexistant et s'adaptant à la
topographie, la forme de la bastide est allongée et diffère du
plan classique en damier. La place est de forme triangulaire (le plan cadastral
napoléonien y mentionne une halle qui sera détruite en 1887).
Le système défensif initial est à l'époque constitué
d'un ensemble de fossés, de ponts, de palissades et de portes gardées.
Les vestiges d'une porte de la bastide ont été retrouvés.
La place de la République avec ses arcades conserve le tracé ancien
de la bastide. Les couverts de la place ont été reconstruits au
XIXème, la pierre venant alors remplacer le bois et le torchis. L'église
primitive est située dans la zone du castelnau. Le marché est
implanté sur les deux places correspondant au bourg castral et à
la bastide.
EVOLUTION
MEDIEVALE
Le marché draine des populations venant de la Chalosse, du Tursan, du
Marsan, de l'Armagnac, de la Bigorre, du Béarn, de la Soule, du Pays
de Mixe et du Labourd. Son importance lui vaut l'implantation d'une des plus
fameuses douanes du Royaume, " La Traite d'Arsac ". A partir de cette
époque, Arzacq connaît une longue ère de prospérité.
Ce marché est réputé surtout pour les céréales,
les graines, le sel et la résine. Le coin nord de la place était
occupé par les " toupîs " (poteries) de Garos. Un château
est construit au XIVème siècle au nord de la Halle. Aujourd'hui,
il ne reste plus que la tour connue sous le nom de " Tour de Peich".
Ce monument est intéressant par son toit.
EVOLUTION
POST-MEDIEVALE
Convoitée par les vicomtes de Louvigny, la bastide est achetée
en 1628 par l'un d'eux, le Comte de Gramont. Elle devient béarnaise en
1790 lors de la création des départements. Entre temps, son rôle
de marché ne fait que croître puisqu'une nouvelle place doit être
ajoutée : le foirail ou place du Marcadieu. Dès le XVIIème
siècle, ce sont les bestiaux qui sont à l'honneur sur la place
du Marcadieu. Les 2/3 de la population d'Arzacq sont alors des commerçants
ou des artisans et notamment des tisserands qui travaillent le lin, ainsi que
des tanneurs. L'église du village est construite à son emplacement
actuel en 1860. A l'intérieur, un groupe sculpté en bois polychrome,
" la Vierge à l'Enfant ", XVIè siècle, classé
Monument Historique. Maisons typiques : Maison Minbielle, datée du XVIIIème
siècle, Maison Donney du XVIème siècle, et maisons de maître
du XIXème siècle. Au sud du village, deux pittoresques fontaines-lavoirs
en fer à cheval, datés du XIXème siècle, l'une sur
la route de Morlanne, l'autre sur la D32 menant à Vignes.

Sous les arcades, se devine
la forme triangulaire de la place : construite dans le prolongement d'une cité
préexistante, la place d'Arzacq n'a pas la forme carrée traditionnelle
des bastides. Mais elle accueille un marché renommé sous l'Ancien
Régime.

L'un des deux pittoresques
lavoirs en fer à cheval construits au XIXème siècle au
sud de la cité d'Arzacq.