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I - L'époque romane

II - De 1200 à 1350

III - A partir de 1350

IV - Les villes aux XIV° - XV° Siècles

V - Vie et mort des bastions, du XVI° au XIX° Siècles

VI - Un exemple : Navarrenx

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II - De 1200 à 1350

Les progrès techniques
Vers 1200 intervient un renouveau de l'artillerie de jet et du matériel de siège. La connaissance du matériel de siège est liée au retour des croisades à partir de 1100. En outre à partir de 1157, Henri II Plantagenêt institue l'écuage : cet impôt remplace le service de guerre et finance des mercenaires, il permet le début des armées professionnelles. A partir de 1200, l'artillerie de jet utilise l'arbalète et l'astringale. En 1214, Philippe Auguste apparaît comme le souverain le plus puissant d'occident.

Jusque vers 1350, les sièges sont effectués par assaut brusque avec un faible effectif. L'art du siège est un axe essentiel : machines de siège, sape et artillerie de jet rendent caduques l'architecture romane qui ne dispose pas de défense active.

La réponse architecturale

Les châteaux
Le renouveau de l'architecture castrale apparaît d'abord chez les Plantagenêt (Loches). Les murs sont épais, des défenseurs sont en saillie sur les tours, ce qui permet de contrôler la base des courtines. L'apparition des archères à compter de 1180 introduit la défense active.

Le relais est pris par Philippe Auguste. Ses constructions castrales sont l'axe d'une politique de reconquête entre 1190 et 1220, pour lutter contre les Plantagenêt mais également contre les révoltes seigneuriales. Ses châteaux font l'objet d'un plan type et d'un devis, le modèle est le château du Louvre (1ère construction). Le plan est quadrangulaire, avec une tour à chaque angle, le donjon est central puis en angle, la porte est défendue par un châtelet. Les bâtiments sont au revers des courtines : c'est un " château cour ". Les châteaux sont construits en marge des villes. La solidité est privilégiée sur le potentiel de tir. Mais seul de pouvoir royal et les plus grands féodaux peuvent désormais en assurer le financement.


Ruines de château près de Sarlat. Une tour est disposée à chaque angle, comme dans le plan type de Philippe Auguste. Au niveau du sol, une canonnière a été aménagée plus tard.

La petite aristocratie construit aux XIIème et XIIIème des maisons fortes, capables de résister à un coup de main, mais pas à une armée.

Les villes
Les premiers flanquements en enceinte urbaine apparaissent vers 1100-1180, dans les villes phare de la défense royale (Paris 1190, Carcassonne 1280, Aigues Mortes 1270-1300). Mais ces constructions ne sont pas représentatives de la situation des autres villes.

Les progrès de la technique de siège nécessitent une ligne de défense plus éloignée. Il faut protéger les faubourgs en les englobant (Bordeaux passe de 32 à 170 ha), ou au contraire les sacrifier. Le plus souvent, la défense urbaine est édifiée au fur et à mesure en fonction des sommes allouées : elle est ainsi souvent hétérogène et comporte çà et là encore des tronçons de terre (Reims) : jusque vers 1350, il y a presque partout des levées de terre avec palissades, avec quelques échauguettes (eschiffes) de surveillance, rarement des guérites.


Les aménagements reconstitués autour du château de Mauvezin (65) donnent une idée des palissades, qui constituaient jusqu'en 1350 un mode courant de protection des villes.


Nay, le mur d'enceinte construit sous Gaston Fébus.
Un dispositif de défense active est constitué par des meurtrières.

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Nay (détail) : le flanquement est rudimentaire, assuré par un tir oblique.


A gauche : la porte Nord à Gan, construite au XIVème siècle. A droite, la porte de Bougarber.
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