I - L'époque romane

Le château de l'époque romane apparaît au Xème siècle, à cause de l'insécurité due aux invasions normandes, et de la perte d'influence de la royauté. Deux modes de construction, en bois et en pierre, coexistent à cette période et sont donc simultanés. En effet le remplacement de la terre et du bois par la maçonnerie fut ralenti non seulement par le prix de revient mais également par des difficultés techniques : il fallait disposer de pierres, de chaux, de maçons…

Le château à "
motte et à palissades "
Une motte est un tertre conçu pour servir à la défense d'un château. Elle est dite castrale (plutôt que féodale) quand elle a effectivement protégé ou porté une habitation seigneuriale. Elle comporte généralement un monticule de terre conique mais à dessus aplati, entouré d'un fossé et constitué par la terre qu'on avait retirée pour creuser celui-ci. La plate-forme supérieure était entourée d'une palissade de troncs d'arbres, souvent renforcée de haies de buissons et épineux.

Au centre, on édifiait une tour de bois servant essentiellement pour le guet. Une seconde clôture était érigée au pied de la motte, à l'extérieur du fossé. A l'avant, on déterminait un terrain de dimension suffisante pour qu'il puisse accueillir les " communs " du château (écurie, étable, forge, magasins, etc) ou même le logement seigneurial : c'était la basse cour, dénommée aussi bayle. Cette zone était à son tour circonscrite par un fossé, mais cette fois la terre extraite était amoncelée à l'extérieur pour former un rempart surmonté d'une deuxième palissade. Un pont léger jeté sur le premier fossé permettait de passer de la motte à la basse-cour. Un second pont conduisait de celle-ci, par-dessus le deuxième fossé, à la campagne avoisinante. Peu à peu, cette structure se mua en un complexe défensif.

Ce type de château correspond parfaitement au " castelnau " d'Arzacq (antérieur à la bastide). Les vestiges ou traces de mottes sont nombreuses dans le Vic-Bilh (par exemple le château d'Arricau Bordes). Ph. Araguas (v. références) fait l'hypothèse qu'elles correspondent à un réseau de seigneuries mises en place à la fin du XIème et au XIIème siècle, alors que les abbayes laïques (construites sans mottes) sont au contraire des témoins d'une organisation antérieure pré ou post-carolingienne. L'édification des mottes correspond à une réorganisation de la société, et une émancipation vis à vis des seigneuries de paroisses et des pouvoirs ecclésiastiques. Bien sûr le château lui même observable de nos jours peut avoir été reconstruit ultérieurement, tel celui d'Aricau Bordes qui date du XIVème siècle.

Le château en pierre
C'est dans la deuxième moitié du XIème siècle, principalement à partir des années 1080-1100, que l'emploi de la maçonnerie tendit à se généraliser pour devenir la règle dans le courant du XIIème siècle. Ces premiers châteaux ne différaient pas profondément des châteaux à motte. Le donjon, sur lequel les constructeurs portèrent leur principal effort et qui apparaissait de plus en plus comme la partie essentielle du château, se présentait désormais comme une massive construction maçonnée, de plan quadrangulaire, dont les murs épais enfermaient des escaliers et des couloirs, et dont l'intérieur était divisé en plusieurs étages, soit par de simples planches, soit par des voûtes adaptées pour limiter les risques d'incendie. La porte d'entrée, ouverte au premier étage au-dessus d'un rez-de-chaussée obscur et à laquelle on accédait parfois par un avant-corps, était facile à condamner. Les ouvertures, absentes au rez-de-chaussée, étaient aux étages réduites au minimum. De telles constructions opposaient à l'advsersaire une maçonnerie aux parois verticales et lisses qui offrait peu de prise au bélier et à la pioche, qui était difficile à détruire par le feu, et dont l'accès était très malaisé. Ces donjons, dont le rôle était essentiellement passif, et qui se prêtaient mal à une défense active, étaient un " travail de maçons et d'ingénieur " (R.Ritter).

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Arzacq : l'emplacement de l'ancienne motte féodale
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Les caractéristiques communes sont des tours peu nombreuses, l'absence d'éléments de tir et de flanquement (disposition permettant un tir parallèle aux murs pour se protéger des assaillants). Donc ils ont un rôle de protection plus que militaire, la défense est passive, assurée par des obstacles et la massivité.

Les villes
Pendant le haut Moyen Age, il y a absence relative d'organisation défensive. La muraille gallo-romaine est en ruine, souvent entourée d'habitations, percée de poternes (portes dérobées), et fondue dans le tissu urbain puisque se sont développés des faubourgs extra muros.


Sarlat : une poterne a été creusée après la construction de l'enceinte