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Journée des langues – CDDP de la Gironde – 15 octobre 2003

 
 

QUELQUES POINTS FORTS DE L'EURODIDACTIQUE POUR NOS CLASSES
 

Intervention de Dominique Macaire
Chercheur en didactique à l'IUFM de Bordeaux


Madame Dominique Macaire, chercheur en didactique à l’IUFM de Bordeaux, porte un regard externe sur le système scolaire français.

Elle nous rappelle, qu’en terme de politique linguistiques, le conseil de l’Europe joue un rôle consultatif et de guidage des politiques nationales.

L’essentiel du programme européen travaille sur la
diversité linguistique et culturelle. L’un des premiers atouts du cadre commun de référence, présenté précédemment par Monsieur J.P. Dufresne, est le phénomène de terminologie, la transparence des termes utilisés. Celle-ci facilitera la gestion des futurs programmes : évaluation, pratiques de classes…

Le second axe des politiques linguistiques du conseil
de l’Europe est l’échelle de référence.
A la sortie de L’école primaire, les élèves sont sensés avoir acquis le niveau A1.
Dominique Macaire souligne que ce niveau est actuellement mentionné dans les programmes du primaire. Ainsi, le pré-requis des élèves arrivés en 6ème est ce niveau. Celui-ci constitue pour l’enseignant un choix d’évaluation formative et quantifiable. en terme de politiques et de choix de langues. Outre les compétences des élèves, l’enseignant évalue ses objectifs d’enseignement au niveau national. Ce passage CM2-6ème représente un moment clé de travail didactique et de réseau d’écoles. De plus, le ministère de l’Education Nationale a prévu une banque-outils [lien site Primlangues] permettant à tous les enseignants d’Allemand, Anglais, Espagnol, en classe de 6ème de disposer d’outils d’évaluation de leur classe. Ainsi, co-existent une volonté de clarification des échelles de références et des mises en place concrète d’outils complémentaires pour aider les enseignants.
 
Puis Dominique Macaire aborde le problème des
langues "modimes" c’est à dire, des langues en voie de disparition, délaissées pour des raisons pseudo-utilitaires. La principale raison de ce désintérêt réside dans le manque d’information des familles. La solution se trouve dans les classes bi-langues de 6ème qui permettent de rassurer les familles quant au choix de l’anglais mais n’exclue pas l’enseignement d’autres langues.
De plus, Dominique Macaire insiste sur l’importance d’ un travail transdisciplinaire et sur les situations réelles (non fictives comme aller au restaurant, chercher un programme) qui motivent une classe comme correspondre avec des jeunes d'un autre pays.
Elle montre aussi qu'il ne faut jamais perdre de vue les nœuds de fermeture de l'adolescence qui bloquent l'apprentissage
Il est à noter que tous les pays européens ont le même objectif : à savoir une langue vivante en primaire dès l'âge de 8-10 ans avec le niveau A1. A la fin du cycle secondaire supérieur, les élèves doivent avoir acquis le niveau B2. Les niveaux C1 et C2 ne sont acquis qu'après le Baccalauréat.
 
Le cadre commun de référence aborde également
la distinction entre utilisateur et apprenant de la langue. En effet, l’utilisateur dans la classe constitue une micro-société et l’apprenant possède une attitude réflexive sur la langue qui répond à des consignes métalinguistiques. Certes, il y a des profils d'élèves différents (les enfants "lego" qui ont besoin de structurer et les enfants "playmobil" qui ont besoin de raconter des histoires) mais Dominique Macaire affirme que l'utilisation doit être plus importante que l'apprentissage, de l'ordre de 80%.
 
Un dernier point concerne la logique de projet
(par exemple, une classe de Première S pourra travailler sur un vocabulaire spécifique). Cette logique relève du travail d’échanges entre des classes partenaires et permet à l’enseignant de focaliser sur des besoins spécifiques d’élèves
L’enseignant doit prendre en compte dès l’école primaire la diversité des langues. L’école devient un lieu social, un lieu de vie. Ainsi les langues européennes sont des langues de l'Europe, donc des langues qui ont un vécu humain. Notre système scolaire doit accueillir la diversité pour que l’apprentissage d’une langue européenne perdure.
 
SOUS RESERVE DE MODIFICATIONS DE DETAILS PAR L'AUTEUR
Mérignac, le 15 octobre 2003, Journée des langues