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HISTORIQUE DU « MUR DES FUSILLES »
RUE DU 5ème REGIMENT DE CHASSEURS
A PERIGUEUX.

par M. Jacques GOBERT

(pour tout contact complémentaire :  05.53.06.79.84)

Quartier Saint Georges à Périgueux, la rue du 5ème régiment de Chasseurs relie, en bordant la voie ferrée le boulevard du Petit Change, à la hauteur du n° 135 et de la rue Pierre Magne, au droit du pont de chemin de fer, là se trouve le trop peu connu des périgourdins « Mur des Fusillés » dont la porte d’accès est signalée par une plaque. Deux panneaux indicateurs sont implantés à chacune des deux extrémités de la rue, après accord du Maire de Périgueux, Monsieur Xavier Darcos, sur ma sollicitation.
En octobre 1944 soit deux mois après le massacre, fut inaugurée une plaque commémorative « provisoire » sur le lieu même. Les honneurs furent alors rendus par la 222ème Cie F.T.P.F commandée par le sous-lieutenant Yves Bancon.
Par la suite, l’emplacement de ce lieu fut officiellement cédé à la ville de Périgueux par le Service départemental des Domaines. Un acte de vente a été établi et enregistré à Périgueux le 21 octobre 1954 et concerne un terrain polygonal limité par le mur de la caserne, les murs du fond du stand de tir où se situent la butte de tir et les murs d’enceinte (n° 159 et 161 P section C du cadastre).
En cet endroit appartenant désormais à la ville de Périgueux, qui en a la charge et s’en acquitte parfaitement, fut envisagé puis décidé l’implantation d’un cénotaphe. L’aménagement des lieux fut voté par délibération du Conseil Municipal, séances des 21 mars et 27 mars 1952, le tout, vu et approuvé par Monsieur le Préfet le 11 mai 1953.
La sculpture-ciseau du Maître Gilbert Privat, en orne désormais ce haut-lieu du souvenir, depuis 1954-1955 Monsieur Lafaye, architecte-urbaniste de la ville de Périgueux en dirigea l’aménagement.Depuis, tous les 19 août, date anniversaire de la libération de Périgueux, un hommage officiel se déroule au mur des Fusillés.
Le 19 août 1997 après cette cérémonie annuelle à laquelle j’avais assisté, j’ai rencontré un homme en pleurs, effondré. M’approchant, il m’a raconté entre deux sanglots qu’il avait assisté à la fin de ce massacre, moment où les corps des victimes avaient été jetés, entassés dans une fosse proche sur des cadavres de chevaux. Après la libération de Périgueux, sur ordre des résistants présents, les prisonniers allemands retirèrent ces corps.
Ce sont ces corps que j’ai voulu finir d’identifier en recherchant leurs lieux d’exhumation. Avec l’aide du service de l’état-civil de la Mairie de Périgueux et celui de la voirie et des cimetières, je suis arrivé à compléter le travail antérieur de ces services, sans toutefois parvenir à connaître l’ensemble des lieux actuels d’inhumation. Les 54 ans qui nous séparent me font penser que je ne peux pas aller plus loin. à moins qu’à la faveur de cet historique, nous puissions en savoir davantage.
Je ne peux clore cet historique sans énumérer les noms de ces 45 victimes et la date de leur mort atroce, en ajoutant que ce quartier Daumesnil où j’ai moi-même passé deux ans, 1940-1942 restera ineffaçable dans ma mémoire (liste de 45 victimes ci-dessous).
Il semblerait que, vu les dates des décès relevées sur les actes du registre de la Mairie, les exécutions aient débutées dès le mois de juin 1944.
Il faut signaler que les noms de Lacueille et Mangold furent donnés à deux artères de la ville de Périgueux, étant ainsi immortalisés.

Nom des 45 martyrs figurant sur le cénotaphe avec date de leur décès

19 juin

REY J.G.Y - THURMEL G.O - THURMEL G. - TREMOULET R.

12 août

BAPTISTE - BELLE - CAMIL E. - CHEVALIER L.G - DAGBERT A. - ESKENAZI M. - FLIEG A.F - KORNBLIT M. - LEBOVIC J. - LECOINTE G. - LESPINE M. - MANGOLD C.L - MASSIP R. - MAZE

14 août

PONCEAU J.L.

16 août

CHATELIER R.

17 août

AROD R.R.J - BORDEAUX H.P - FRUCTUS P. - GRANDOU R. - GUICHARD R. – GUYONNET M.Y - JAVANAUD P. - KAHN R. - LACUEILLE P.J.G - LEMATHIEU P.A - MARTIN J.A – POMIER J. - PIRODEAU A.A. - SCHIFFMANN L.

24 août

un inconnu. supposé SNCF selon acte de décès

Les noms soulignés sont ceux dont la sépulture est connue. Tous ces noms figurent sur le registre des décès du service de l’état-civil de la mairie de Périgueux.
 Par jugement transcrit sur l’acte de décès du 18 juin 1944 : A. LEBLANC, ce nom semble être le pseudonyme de A.LEROUGE - il n’aurait pas été déclaré décédé au moment même, il est supposé que sa famille ait fait régulariser son décès. Il est déclaré décédé le 5 juin 1944.

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En Complément au plan ci-dessus, il y a lieu de préciser que sur l’initiative de l’Amicale des Anciens des 5ème et 9ème chasseurs et ABC Périgord (Arme - Blindée cavalerie) présidée par le colonel Guy BESSON, le boulevard de l’Egalité (de tous devant la mort) car longeant le cimetière Saint Georges, se transforma en la rue du 5ème régiment de chasseurs le samedi 28 octobre 1995.
Ce régiment est le dernier à avoir tenu garnison à Périgueux, au Quartier Daumesnil durant 30 ans (1964-1994), il comptait dans ses rangs une majorité de jeunes périgourdins ayant tissé avec la population des relations très étroites.
En conclusion, il faut reconnaître que la partie de la rue du 5
ème régiment de chasseurs longeant le Mur des Fusillés est empreinte d’un sentiment de tristesse faisant penser au chemin parcouru par ces victimes emmenées vers leur lieu d’ultime sacrifice.

Jacques GOBERT, juin 1998