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MACDONALD Fiona, ROBERTS Alison. L'âge de pierre : de 200 000 à 8000 avant Jésus-Christ. . Metagram / Epigones : 1998. 32 p. ; 34 cm. (Le journal du temps).
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Un journaliste vivant en 8000 av. J-C présente la préhistoire mondiale au travers d'évènements ayant marqué ces quelques millénaires : des premiers déplacements hors d'Afrique à la maîtrise de l'agriculture, des premiers outils aux premiers échanges commerciaux. Ce "journal de ses ancêtres" fait l'objet d'un magazine spécial ponctué de fiches techniques, recettes, publicités, annonces.
14 euros
A partir de 12 ans.
Avis :
recommandé en lecture plaisir, inutilisable pour l'animation ou la classe, réservé du scientifique. |
Impression générale :
Documentaire réservé à ceux qui connaissent déjà bien la période considérée, très vaste, et qui peuvent faire le tri dans une mise en page abondante et essentiellement humoristique, où il est difficile d'être sûr de l'exactitude des renseignements fournis. L'idée d'un traitement journalistique est originale, la présentation est séduisante, mais la transposition des comportements actuels (notamment sous forme de publicités et annonces) à des évènements qui se situent plusieurs millénaires auparavant peut paraître discutable. Il est indispensable de lire la note de la rédaction précisant que l'écriture et encore moins le journal n'existaient pas à l'époque étudiée.
L'appellation "Age de pierre" est dépassée, et beaucoup trop large pour ce document qui ne concerne que les Néandertaliens et l'homme moderne de 200 000 à 8000 avant Jésus-Christ.
Analyse complète :
Le document s'ouvre sur un sommaire dont les intitulés sont clairs mais très succincts : la mode, la maison, l'artisanat … Ces intitulés sont repris dans le corps du livre sous forme de frise colorée indépendante du texte, en tête des doubles pages. La dernière page présente un peu tardivement des repères chronologiques situant les principaux évènements entre 200 000 et 8 400 av. J-C, et un index succinct.
Ces éléments du péritexte permettent un repérage global de l'organisation du documentaire mais manquent de précision. Le chapitre "artisanat" par exemple renvoie à une double page présentant la fabrication de céramique au Japon vers 9 500 av. J.-C., une offre de concours de dessin, une frise d'images sans texte expliquant comment monter un pot à partir de boudins d'argile et quatre petites annonces : "vente de paniers" (Forêt noire - Europe du nord), "tressage de cordes" (mer morte - Moyen orient), "recherche de peaussier" (BP 8347) et "offre de réalisations de gravures sur armes et outils" (Dordogne).
La présentation de la page s'inspire clairement de celle d'un journal, avec des textes en colonnes précédés de titres accrocheurs en gros caractères et de chapeaux introductifs en grisés ou encadrés.
La lecture s'organise ensuite en zones de textes / images sous forme d'encarts très nettement différenciés, au niveau de la présentation comme du traitement de l'information : style narratif du personnage journaliste racontant des évènements passés, courrier du lecteur, fiches techniques, présentations d'hypothèses actuelles, descriptions de phénomènes, publicités, annonces, recettes, activités manuelles. Le lien existant entre ces différentes parties se situe au niveau du thème très large (cuisine, chasse…) choisi pour le chapitre, mais il ne se retrouve pas au niveau de la géographie ni de la chronologie, ce qui peut être un enrichissement si l'on connaît bien le sujet traité, et un facteur de confusion dans le cas inverse. Les titres des sous-chapitres indiquent l'idée principale.
L'alternance de parties documentaires et de parties journalistiques plus fantaisistes apportant des points de vue personnels et pas forcément scientifiques est difficilement repérable et induit des télescopages (du style "donnez vos os de mammouth à votre chien"). Il faut pouvoir faire le tri entre information et point de vue personnel, ce qui rend le texte d'accès difficile.
Les types de caractères sont très différents d'un encart à l'autre et un peu petits pour le texte principal. Les termes techniques sont heureusement peu abondants car ils sont parfois mal traduits : percuteur (hammer en anglais) est traduit par marteau.
A noter l'intérêt porté aux régions autres que l'Afrique et l'Europe, mais l'absence de chronologie claire, le mélange des époques, des climats et des modes de vie demande une solide connaissance du sujet préalable.
La traduction se ressent également au niveau des exemples culturels choisis et explique peut-être certaines réflexions d'auteur telle que "l'Amérique, paradis des chasseurs, ….., terre pleine de promesses" page 8, ou "le libre échange" et le "centre commercial" page 27. Les nombreuses recettes (cuisine, trousse à outils, vêtement, peinture pariétale…) peuvent être précieuses pour démarrer des activités avec les jeunes.
L'illustration comporte essentiellement des dessins, informatifs ou décoratifs. Ceux du texte principal (journalistique) sont de facture assez classique, occupant souvent la moitié d'une page et présentant des scènes de la vie quotidienne. Les dessins des articles secondaires sont très différents les uns des autres, mais tous plus schématiques et de style plus actuel. Certains graphismes sont très originaux, d'autres beaucoup plus classiques, mais la mise en page jongle habilement avec ces différents styles. Cette multiplicité dans les styles d'images correspond à celle des polices de caractères, et s'explique par la participation de neuf illustrateurs différents. Ceux-ci sont nommés systématiquement en début de chaque article et collectivement en fin d'ouvrage.
Dans tous les cas l'image est crédible, bien placée par rapport au texte et redondante. La légende, bien située par rapport à l'image, n'apporte guère de renseignement complémentaire.
Analyse scientifique :
Si le contenu iconographique est résolument moderne et en adéquation avec l'évolution de la recherche, le texte est plus discutable, ne reflétant que très partiellement les interrogations de la recherche, et l'apport scientifique reste univoque. D'autre part le fait de parler du passé à partir de 8 000 av.J.-C. augmente la difficulté de situer les époques.
Pas de définition de la préhistoire, par contre une définition très succincte de l'archéologue et de son métier en toute fin de l'ouvrage.
Il est dommage que l'homo sapiens ne soit pas replacé parmi ses prédécesseurs.
p.2 : Le peuplement de l'Amérique du Nord semble être beaucoup plus ancien (-30 000 ans). La carte est très intéressante et formatrice, avec un point de vue original.
p.3 : l'illustration, de bonne qualité, donne une image particulièrement idyllique et simpliste des migrations. Le texte correspond à l'image, comme si les migrations s'étaient faites du jour au lendemain.
p.5 : "Toutes nos sources indiquent qu'ils préféraient nous éviter" : il s'agit uniquement d'une hypothèse.
p.8 : décalage entre les explications pertinentes de la page 7 concernant l'utilisation du passage, et la découverte des nouveaux pâturages relatée dans ce chapitre.
En "8000 avant J-C." ? il n'y a plus de mammouths en Amérique du Nord.
Concernant les notions de "sensations fortes", il faut faire attention à ne pas transposer nos modes de vie à ceux de nos ancêtres.
p.9 : les faucilles ne sont pas des "lames de silex courbes aiguisées".
p.10 : "Une mine de bisons", la destruction totale du troupeau est elle plausible et réalisable ? Absence de date repère.
p.11 : les "conseils judicieux" du "courrier des chasseurs" donnés au lecteur sont amusants, mais l'explication du collet est totalement farfelue (heureusement peut être). Attention aux dates : l'article étant écrit en 8000 av. J.-C., "il y a 2 500 ans" situe l'hypothèse de domestication du chien vers 10 500 av. J.-C.
p.12 : le conseil n°7 de vendre les défenses de mammouths n'a pas emporté l'adhésion de nos lecteurs !
p.14-15 : "Questions brûlantes", "de nos jours", de quelle époque s'agit il ? Le lecteur est perdu. "L'innovateur" creuse un trou "avec une bêche", l'expression est pour le moins mal choisie.
Il aurait peut être mieux valu partir d'un fait archéologiquement vérifié comme les pierres de chauffe pour étayer le récit des "sacs à bouillir".
p.16-17 : on a du mal à se situer dans le temps, il manque réellement un fil conducteur.
p.20-21 : "Ma caverne à moi" : il s'agit toujours d'habiter dans une caverne, alors qu'une tente est également clairement visible sur l'image.
La description de la torche est totalement farfelue, c'est en fait celle de la lampe à graisse.
Enfin les cavernes n'existent pas uniquement dans les régions montagneuses.
p.22 : attention aux dates : l'article étant écrit en 8000 av. J.-C., "il y a entre 10 000 et 1000 ans" situe "l'âge d'or de l'art" entre 18 000 et 9 000 ans. Le texte n'utilise pas le terme de décadence pour la période suivante, mais cette reprise de l'opposition entre figuratif et abstrait, plaquant une fois de plus un débat contemporain ne concernant guère que des adultes, est décevant.
p.26 : Il est préférable de ne pas prendre la flore en considération.
Mots clés : préhistoire, monde, ethnologie, vie quotidienne, mobilier.
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